| Il est patent que les deux urgences sont la
publication des données de la fouille et la sauvegarde du matériel
archéologique. Ce sont deux tâches plus considérables qu’on ne
saurait l’exprimer par la parole. Il faut constater la quantité, la
fragilité et l’intérêt de ce matériel pour mesurer exactement les
travaux à envisager. Dans ce domaine, le Département de la Somme a déjà
beaucoup œuvré, en créant un Centre sur place, en le dotant de
laboratoires d’étude et d’espaces de stockage, en finançant trois
postes de techniciens. Cette même collectivité territoriale entend
poursuivre son effort, en créant d’ici un an un Dépôt de fouille
encore mieux adapté, à l’étude, au traitement et à la conservation de ces collections uniques ( pour
les armes et les os humains gaulois notamment ) dans toute l’Europe
celtique. Ces efforts ne seront pas suffisants dans cette course contre
la montre qui permettrait de ralentir la corrosion du métal,
d’effectuer une étude exhaustive des objets et de restaurer ses plus
beaux représentants. Soit il faudra un financement qui permette la
restauration par des laboratoires de type privé ou pseudo-privé (
IRRAP à Compiègne, Musée de Guiry-en-Vexin, etc.), soit il faudra
envisager la création d’au moins un poste de restaurateur sur place.
C’est à ce prix que le site de Ribemont pourra dignement prendre
place auprès des grands sites celtiques, tels que La Tène en Suisse,
Manching, Glauberg et Hochdorf en Allemagne et le Mont-Beuvray en
France. Taire ces difficultés mais aussi ces enjeux scientifiques et
patrimoniaux, c’est préparer une catastrophe archéologique, telle
celle que connaît la collection similaire de Gournay. |